jeudi 2 novembre 2006 à 14:06 Edit du 18 Avril 2007 : j'aime pas cet article. Mais je le laisse quand même.
Le Parfum/ Le film se termine beaucoup trop tôt. Je ne me lève jamais tout de suite après un film, à part si celui-ci n'est pas à mon goût. Une mère et sa fille étaient à côté de moi, elles se lèvent vite et la femme à un malaise. Elle reste assise sur les marches avec les petites lumières jaunes en dessous. Sa fille, à peu près le même âge que moi, lui demande si elle va bien. La mère ne répond pas. Je suis enfoncée dans mon fauteuil, avec la musique de fin de film, je ne sais pas pourquoi ils n'ont pas allumé les lumières encore mais tout le monde se dépêche de sortir vite du cinéma. Il ne reste plus beaucoup de monde, je regarde la mère assise par terre, je ne vais pas l'aider, la fille m'en décourage plutôt. Elle regarde autour d'elle comme si elle avait honte de sa mère, je ne vais pas plus la déranger. Je me décide enfin à me lever, je passe devant la mère, je prends les petits escaliers noirs et je suis enfin dehors. Il fait nuit, je regarde l'heure sur mon portable il est presque 23 heures. Je respire fort, il fait plutôt froid, je préfère m'enfoncer dans mon écharpe noire en laine beaucoup trop longue. Elle sent bon, elle sent les différents parfum que je peux mettre, mais c'est un bon mélange je trouve. Un couple est juste devant moi, ils étaient au cinéma aussi. L'homme se baisse à terre et ramasse une feuille et la renifle, sa copine lui tape sur l'épaule, lui il rit. Je le trouve drôle.
Je suis complètement amoureuse de l'acteur qui a joué dans le Parfum, surtout parce que j'ai trouvé son jeu vraiment bon dans ce film. Il arrive à nous faire sentir ce que lui sent. Il y a certaines scènes qui deviennent presque intimes, on avait l'impression d'être avec lui et d'avoir le même plaisir, la même frustration... On le comprend presque, je dis bien presque. On comprend son obsession, on comprend sa solitude aussi. En regardant ce film j'ai eu l'impression que mes cinq sens étaient en éveils. Sand oublier la musique, que j'ai trouvé vraiment en accord avec les images, elle se fait discrète mais parfaite. L'atmosphère sombre collait très bien, on se croirait dans un tableau avec maîtrise du clair obscure. Tout le monde me disait "ce film est vraiment nul". J'ai quand même été le voir. Et franchement j'ai beaucoup aimé ce film. Après on me disait "ouais mais la fin est bizarre et c'est dégueulasse", oui mais juste que tu n'as pas aimé l'histoire originale, mais ce n'est pas le film lui-même que tu n'aimes pas. Enfin moi j'ai vraiment aimé, et ça ne regarde que moi.
Indigènes/ Encore dans une salle de cinéma, beaucoup plus grande et beaucoup moins intimes. Les personnes avant notre séance ont laissé toutes leurs poubelles sur les sièges. Bande de porcs. Je me dégage un coin à l'avant dernier rang. Les gens rentrent au fur et à mesure. Dans ma tête je pense "première fois que je vois autant de reubeu au cinéma, s'il faut attendre un film comme ça pour aller au cinéma doivent pas y aller souvent" et puis je pense à mon père "lui aussi d'ailleurs il ne va pas beaucoup au cinéma, d'ailleurs le seul qu'il a été voir c'était celui la aussi". Il n'y a que quand on est arabe qu'on a le droit de penser des choses comme ça sur les arabes, je suis arabe alors j'ai le droit de penser ça... c'est comme ça que les gens réfléchissent en général non ?
Un jour j'ai dit à quelqu'un d'origine algérienne "tu manges comme un cochon". C'est vrai il mangeait vraiment mal. Et puis il m'a dit "pourquoi tu me dis ça espèce de française, t'es raciste !". J'ai explosé de rire quand il m'a dit ça, vraiment. J'ai pas eu le courage de lui dire que j'étais loin d'être raciste de ce qui était ma propre origine. J'aurai pu lui balancer "ta gueule, tu manges vraiment comme un cochon, et je suis pas raciste parce que je suis moi même algérienne !", mais je l'ai pas fait. Mais non tout de suite quand on affiche pas ses origines en avant on devient le bon français et si en plus on ose dire "tu manges comme un cochon" tout de suite on est raciste... faut m'expliquer. Si on marche dans cette logique, je pense que mon père ne va jamais au cinéma sauf pour aller voir Indigènes, en plus de ça il fait du bruit à table quand il mange, il est algérien ... donc je suis raciste de mon père... ?
ahahah !!
Pendant le film j'étais à côté d'une mamie qui faisait les commentaires en arabe à sa fille qui les faisait elle même en français à son fils... En écoutant je me suis rendu compte qu'elle disait exactement ce que les acteurs disaient dans le film, sauf que les acteurs parlaient déjà arabe dans le film, donc en fait elle répétait ce que disait les acteurs... mais c'est un perroquet ?
A côté de moi une femme mangeait des cacahuète ou quelque chose comme ça, sauf qu'elle recrachait les peaux... sur moi. Encore un peu plus loin, des jeunes qui avaient acheté des pop corn et des boissons. Tout au long du film on a eu le droit aux bruitages "je mets ma main au fond du paquet de pop corn, je tourne, je tourne, je sors enfin une poigné, je la mange comme un cochon (ahah!) et hop je recommence". Sans oublier la boisson qui arrive à la fin, et on tire sur la paille, on tire encore encore encore et encore. J'avais envie de me retourner en hurlant "BORDEL DE MERDE !! Tu vois pas qu'il y a plus rien à aspirer dans ton coca !!! et puis merde vas plus souvent au cinéma comme ça tu seras dégoûté de l'odeur des pop corn et tu feras plus chier tout le monde!! BANDE DE PETITS CONS !!!". Mais non je ne l'ai pas fait. La cerise sur le gâteau un portable sonne et le bouquet ... le gars répond !! Pendant le film !! Et il parle fort !! Là c'était trop, je compte jusqu'à trois et je hurle. Un... deux... tr.. " Bon petit con tu dégages tu nous fais chier, tu te crois chez ta mère ou quoi !! et toi ta gueule petite conne arrête de te la ramener tu t'es pris pour qui ? HEY OH TU ME PARLES PAS COMME CA PETITE MORVEUSE !!!"
Oulala....
J'étais en communion avec cet homme... ce sauveur qui leur a hurlé dessus. Il a dit exactement ce que je pensais sans que je bouge d'un poil.
Je retourne encore au cinéma ce soir, peut-être qu'il va m'arriver une nouvelle aventure extraordinaire à raconter...
Le Parfum/ Le film se termine beaucoup trop tôt. Je ne me lève jamais tout de suite après un film, à part si celui-ci n'est pas à mon goût. Une mère et sa fille étaient à côté de moi, elles se lèvent vite et la femme à un malaise. Elle reste assise sur les marches avec les petites lumières jaunes en dessous. Sa fille, à peu près le même âge que moi, lui demande si elle va bien. La mère ne répond pas. Je suis enfoncée dans mon fauteuil, avec la musique de fin de film, je ne sais pas pourquoi ils n'ont pas allumé les lumières encore mais tout le monde se dépêche de sortir vite du cinéma. Il ne reste plus beaucoup de monde, je regarde la mère assise par terre, je ne vais pas l'aider, la fille m'en décourage plutôt. Elle regarde autour d'elle comme si elle avait honte de sa mère, je ne vais pas plus la déranger. Je me décide enfin à me lever, je passe devant la mère, je prends les petits escaliers noirs et je suis enfin dehors. Il fait nuit, je regarde l'heure sur mon portable il est presque 23 heures. Je respire fort, il fait plutôt froid, je préfère m'enfoncer dans mon écharpe noire en laine beaucoup trop longue. Elle sent bon, elle sent les différents parfum que je peux mettre, mais c'est un bon mélange je trouve. Un couple est juste devant moi, ils étaient au cinéma aussi. L'homme se baisse à terre et ramasse une feuille et la renifle, sa copine lui tape sur l'épaule, lui il rit. Je le trouve drôle.
Je suis complètement amoureuse de l'acteur qui a joué dans le Parfum, surtout parce que j'ai trouvé son jeu vraiment bon dans ce film. Il arrive à nous faire sentir ce que lui sent. Il y a certaines scènes qui deviennent presque intimes, on avait l'impression d'être avec lui et d'avoir le même plaisir, la même frustration... On le comprend presque, je dis bien presque. On comprend son obsession, on comprend sa solitude aussi. En regardant ce film j'ai eu l'impression que mes cinq sens étaient en éveils. Sand oublier la musique, que j'ai trouvé vraiment en accord avec les images, elle se fait discrète mais parfaite. L'atmosphère sombre collait très bien, on se croirait dans un tableau avec maîtrise du clair obscure. Tout le monde me disait "ce film est vraiment nul". J'ai quand même été le voir. Et franchement j'ai beaucoup aimé ce film. Après on me disait "ouais mais la fin est bizarre et c'est dégueulasse", oui mais juste que tu n'as pas aimé l'histoire originale, mais ce n'est pas le film lui-même que tu n'aimes pas. Enfin moi j'ai vraiment aimé, et ça ne regarde que moi.
Indigènes/ Encore dans une salle de cinéma, beaucoup plus grande et beaucoup moins intimes. Les personnes avant notre séance ont laissé toutes leurs poubelles sur les sièges. Bande de porcs. Je me dégage un coin à l'avant dernier rang. Les gens rentrent au fur et à mesure. Dans ma tête je pense "première fois que je vois autant de reubeu au cinéma, s'il faut attendre un film comme ça pour aller au cinéma doivent pas y aller souvent" et puis je pense à mon père "lui aussi d'ailleurs il ne va pas beaucoup au cinéma, d'ailleurs le seul qu'il a été voir c'était celui la aussi". Il n'y a que quand on est arabe qu'on a le droit de penser des choses comme ça sur les arabes, je suis arabe alors j'ai le droit de penser ça... c'est comme ça que les gens réfléchissent en général non ?
Un jour j'ai dit à quelqu'un d'origine algérienne "tu manges comme un cochon". C'est vrai il mangeait vraiment mal. Et puis il m'a dit "pourquoi tu me dis ça espèce de française, t'es raciste !". J'ai explosé de rire quand il m'a dit ça, vraiment. J'ai pas eu le courage de lui dire que j'étais loin d'être raciste de ce qui était ma propre origine. J'aurai pu lui balancer "ta gueule, tu manges vraiment comme un cochon, et je suis pas raciste parce que je suis moi même algérienne !", mais je l'ai pas fait. Mais non tout de suite quand on affiche pas ses origines en avant on devient le bon français et si en plus on ose dire "tu manges comme un cochon" tout de suite on est raciste... faut m'expliquer. Si on marche dans cette logique, je pense que mon père ne va jamais au cinéma sauf pour aller voir Indigènes, en plus de ça il fait du bruit à table quand il mange, il est algérien ... donc je suis raciste de mon père... ?
ahahah !!
Pendant le film j'étais à côté d'une mamie qui faisait les commentaires en arabe à sa fille qui les faisait elle même en français à son fils... En écoutant je me suis rendu compte qu'elle disait exactement ce que les acteurs disaient dans le film, sauf que les acteurs parlaient déjà arabe dans le film, donc en fait elle répétait ce que disait les acteurs... mais c'est un perroquet ?
A côté de moi une femme mangeait des cacahuète ou quelque chose comme ça, sauf qu'elle recrachait les peaux... sur moi. Encore un peu plus loin, des jeunes qui avaient acheté des pop corn et des boissons. Tout au long du film on a eu le droit aux bruitages "je mets ma main au fond du paquet de pop corn, je tourne, je tourne, je sors enfin une poigné, je la mange comme un cochon (ahah!) et hop je recommence". Sans oublier la boisson qui arrive à la fin, et on tire sur la paille, on tire encore encore encore et encore. J'avais envie de me retourner en hurlant "BORDEL DE MERDE !! Tu vois pas qu'il y a plus rien à aspirer dans ton coca !!! et puis merde vas plus souvent au cinéma comme ça tu seras dégoûté de l'odeur des pop corn et tu feras plus chier tout le monde!! BANDE DE PETITS CONS !!!". Mais non je ne l'ai pas fait. La cerise sur le gâteau un portable sonne et le bouquet ... le gars répond !! Pendant le film !! Et il parle fort !! Là c'était trop, je compte jusqu'à trois et je hurle. Un... deux... tr.. " Bon petit con tu dégages tu nous fais chier, tu te crois chez ta mère ou quoi !! et toi ta gueule petite conne arrête de te la ramener tu t'es pris pour qui ? HEY OH TU ME PARLES PAS COMME CA PETITE MORVEUSE !!!"
Oulala....
J'étais en communion avec cet homme... ce sauveur qui leur a hurlé dessus. Il a dit exactement ce que je pensais sans que je bouge d'un poil.
Je retourne encore au cinéma ce soir, peut-être qu'il va m'arriver une nouvelle aventure extraordinaire à raconter...
